vendredi 14 décembre 2018
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Le coté sombre de Sue Montgomery

Le coté sombre de Sue Montgomery

Sans jamais le mentionner, mais en référence aux politiques du nouveau premier ministre, la mairesse de l’arrondissement CDN-NDG a débuté le dernier conseil d’arrondissement par une déclaration solennelle : «Je suis la mairesse du plus multiculturel des arrondissements et je représente tous ses résidents qu’ils soient permanents ou pas et quelque soit leur langue, leur origine et leur religion.»
Voilà qui est fort louable. Cela aurait été admirable si elle avait ajouté «et quelque soit leur choix politique» car plus tard dans la soirée, en refusant de renouveler l’entente de service concernant Glenmount, elle allait révéler un coté d’elle plus sombre,

Un rappel de faits
Glenmount est ce petit secteur résidentiel bordé par la ville de Mont-Royal au nord, à l’est et à l’ouest et par le boulevard Jean-Talon puis la voie ferrée du Canadien Pacifique au sud. Il y a environ 600 résidences dans ce quartier habité par près de 1600 personnes.

À l’origine, il faisait partie de la ville de Mont-Royal lorsqu’elle fut fondée en 1912. Il fut intégré à la ville de Montréal en 1946. En 1959, la petite avenue Dresden qui bordait Glenmount allait être agrandie pour prolonger la rue Jean-Talon, c’est-à-dire l’importante voie de circulation est-ouest que nous connaissons aujourd’hui. Cela eut pour impact d’isoler encore plus les résidents de ce quartier, tournés naturellement vers la cité-jardin.
Rappelons que les seuls accès vers Côte-des-Neiges pour ces résidents sont de traverser sous le chemin de fer à l’angle de CDN ou d’enjamber la voie ferrée sur Bates/Canora.

En 1985, le gouvernement du Québec a rejeté l’initiative des propriétaires de Glenmount de se joindre à VMR, soutenant que Montréal ne serait pas adéquatement indemnisée.
De 2002 à 2005, Glenmount a brièvement fait partie de l’ancien arrondissement de Mont-Royal, jusqu’à ce que la cité-jardin défusionne. Glenmount a de nouveau rejoint Côte-des-Neiges. Encore une fois, ses résidents ont tenté d’obtenir leur annexion à VMR mais leur demande fut refusée par Gérald Tremblay, alors maire de Montréal.
Pourquoi ce refus ? Car ces propriétaires paient leurs taxes à Montréal et non à Mont-Royal. La métropole et l’arrondissement perdraient une substantielle source de revenus.

Les citoyens du quartier en quasi-totalité préféreraient faire partie de la ville de Mont-Royal plutôt que de la ville de Montréal. Physiquement isolés du reste de leur arrondissement, ils affirment que leur inclusion dans la ville de Montréal fut une erreur et qu’ils participent davantage à la vie communautaire avec leurs voisins montérois. En effet, les résidents de Glenmount fréquentent la bibliothèque, le centre de loisirs, la piscine, l’aréna et les écoles de Ville Mont-Royal depuis des lustres. Mais ils sont toujours tributaires d’ententes. Au niveau scolaire, le ministère de l’éducation a mis fin cette dépendance en juin 2018, en détachant par décret Glenmount de la CSDM pour l’annexer à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.

Au niveau des sports et loirs, une entente existe depuis longtemps. En échange des services fournis par VMR à ces résidents codéneigeois, l’arrondissement CDN-NDG paie à VMR l’utilisation de ses équipements collectifs (bibliothèque, aréna, piscine, centre communautaire). La dernière entente pour une période de trois ans, du premier janvier 2016 au 31 décembre 2018, coutait annuellement 135 000$.
Ce coût, disait le sommaire décisionnel de CDN-NDG, reflète le coût réel des inscriptions en 2015. Les résidents de Glenmount doivent défrayer les coûts des activités au même titre que les montérois. (résolution 20.11 du conseil d’arrondissement CDN-NDG du 18 janvier 2016)

Une petite comparaison s’impose ici. VMR demande 135 000$ pour les 1600 résidents soit environ 100$ par an pour chacun. Pour être inscrit au Centre Claude-Robillard, un adulte doit débourser annuellement environ 500 $.

Or, Sue Montgomery, soutenue par ses trois collègues de Projet Montréal, trouve ces 135 000$ trop élevés et voudrait les réduire. Elle voudrait augmenter la part que paient les résidents. C’est dit-elle, une question d’équité.
Sur quels calculs se base-t- elle? Une équité envers qui? Elle n’a rien précisé lors du débat public et n’a pas répondu aux Actualités qui souhaitait la consulter sur cette question.

Marvin Rotrand défend l’entente et estime pour sa part que le coût est raisonnable, que l’arrondissement a les budgets suffisants pour assumer sa responsabilité d’offrir aux résidents de Glenmount les services auxquels ils ont droit.

Pour Lionel Perez, les résidents de Glenmount ont toujours fait partie intégrante de la communauté et des activités de Mont-Royal. Il considère qu’en se rendant à pied ou a bicyclette, les enfants acquièrent une saine habitude de vie, conforme aux politiques actuelles de l’arrondissement et cela dans un environnement sécuritaire.
Il ne s’agit pas dit le conseiller de Darlington, où se trouve Glenmount, d’une question financière mais d’un choix politique.

Un choix politique
Le mot est lâché. Nous voilà au cœur du problème. Sans que cela ne soit jamais dit, une perception transpire : l’administration actuelle voit les gens de Glenmount non comme des codéneigeois mais des privilégiés montérois qui de plus ont voté pour l’opposition. Les propos de Peter Mc Queen lors du débat (cet argent serait mieux placé ailleurs) sont éloquents.

Sans arguments factuels, sérieux et justifiables, Sue Montgomery ne peut se permettre de sombres calculs de boutiquière. Elle a le devoir de défendre l’entente car elle représente tous les citoyens quels que soient leurs choix politique. Sinon, qu’elle se déclare publiquement en faveur de l’annexion de Glenmount à Ville Mont-Royal.

Victor Afriat

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