lundi 28 mai 2018
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Une figure marquante de l’histoire montréalaise

Une figure marquante de l’histoire montréalaise

Le spectacle-lecture «Bouger l’inertie du système social – Chroniques d’une libre-penseuse éveilleuse de consciences» sera l’occasion d’entrer dans l’univers de la montréalaise Éva Circé-Côté (1871-1949) qui, tout au long de sa vie, a milité en faveur d’une société progressiste, laïque, inclusive. À travers l’écoute d’une sélection de ses chroniques, le public pourra découvrir des thèmes qui lui sont chers et toujours d’actualité, tels que l’égalité entre les sexes et l’instruction obligatoire et gratuite.

Éva Circé-Côté, est une journaliste, dramaturge et bibliothécaire. Elle est aussi connue pour son militantisme en faveur de l’éducation, contre l’ingérence du clergé dans la politique et pour l’émancipation des femmes.

Elle fait ses études au couvent des Sœurs de Sainte-Anne, à Lachine. En 1900, alors qu’elle est déjà connue comme poète et comme conférencière, elle entreprend sa carrière journalistique sous le pseudonyme de Colombine. Ses essais et ses poèmes lui attirent des critiques élogieuses. De 1900 à 1942, elle collabore aux journaux L’Avenir, L’Avenir du Nord, Le Combat, Le Monde illustré, Le Monde ouvrier, Le Nationaliste, Le Pays et Les Débats. En 1901, elle adopte le pseudonyme de Musette. En 1902, avec d’autres jeunes écrivains, elle fonde L’Étincelle, un journal littéraire. Elle signe quelque 1800 chroniques dans une dizaine de journaux d’opinion, sous les pseudonymes de Colombine, Musette, Jean Bard, Jean Nay, Fantasio, Arthur Maheu, Julien Saint-Michel et Paul S. Bédard. Ses écrits portent sur divers sujets, dont la mortalité infantile, l’éducation des femmes, leur droit de vote, l’instruction obligatoire et la santé publique. La journaliste n’hésite pas à dénoncer les inégalités sociales, l’insalubrité, l’incompétence politique et la corruption municipale.

En 1903, elle est nommée première bibliothécaire de la Bibliothèque technique, la première bibliothèque publique de Montréal de 1915 à 1932. Elle aura le titre d’assistante bibliothécaire de Frédéric Villeneuve, puis responsable de la Collection Gagnon acquise par la bibliothèque municipale. À la suite du décès de Frédéric Villeneuve, elle est promue bibliothécaire en chef intérimaire jusqu’à l’arrivée d’Hector Garneau.

En 1905, elle épouse le docteur Pierre-Salomon Côté, qui est connu comme le médecin des pauvres du quartier Saint-Jean-Baptiste à Rimouski. Ils ont une fille, Ève. Son mari décède le 22 décembre 1909 d’une tuberculose intestinale. Incinéré au cimetière Mont-Royal, ses funérailles civiles, sans service religieux, font scandale dans la presse écrite montréalaise. Circé-Côté est éclaboussée et doit se défendre en écrivant deux lettres aux journaux pour justifier les choix de son mari.

Elle fréquente les milieux progressistes et francs-maçons de Montréal et renie la foi catholique.
Dès la fin du XIXe siècle, elle prononce des conférences sur l’éducation des filles. En 1908, avec la journaliste Georgina Bélanger, elle ouvre à Montréal sans les permissions religieuses un lycée laïc pour filles en plein quartier latin, rue Saint-Denis. Les jeunes filles peuvent poursuivre leurs études au-delà du pensionnat. Ce lycée ferme toutefois en 1910. En janvier 1910, elle entame sa collaboration à l’hebdomadaire libéral radical Le Pays dirigé par Godfroy Langlois. Dès la fondation du Monde ouvrier par Gustave Francq, elle se joint à son l’équipe et publie dans le journal syndical jusqu’en 1942. À partir de 1937, elle publie aussi dans le journal protestant francophone L’Aurore.

Ses quatre pièces de théâtre, des drames historiques ou des satires comiques, se méritent chacune un prix. En 1922, elle est élue vice-présidente de la section française de la Société des auteurs canadiens dont elle est membre fondatrice.
Libérale et progressiste, elle dénonce l’impérialisme, l’antisémitisme et le pouvoir religieux de l’époque au Québec. Elle lutte pour la libre pensée, la séparation de l’Église et de l’État, l’éducation gratuite, obligatoire et laïque. Féministe, elle affirme que « L’heure de l’évolution d’un peuple sonne quand la femme cesse d’être esclave.» Elle défend les droits des travailleuses et réclame la réforme des dispositions du Code civil sur le statut des femmes mariées.
Admiratrice des Patriotes et de Louis-Joseph Papineau, en 1924 elle publie Papineau. Son influence sur la pensée canadienne. Essai de psychologie historique.
En 1942, alors que la Canada est en guerre avec l’Allemagne, Èva Côté s’enrôle dans le corps auxiliaire féminin de l’aviation canadienne.

Le 4 mai 1949, Éva Circé-Côté décède à 78 ans. Ses funérailles ont lieu à l’Église Unie Saint-Jean et elle est inhumée au cimetière laïc Montreal Memorial Park, à Ville Saint-Laurent.

Dimanche 28 janvier à 15 h. Maison de la culture NDG

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