jeudi 27 avril 2017
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Insalubrité des logements : le problème vient-il des propriétaires ou de l’arrondissement?

L’une des conséquences dramatiques de la pauvreté est l’insalubrité de certains logements. Ceux de Côte-des-Neiges font régulièrement la manchette des quotidiens. La dernière en date, celle de Katia Gagnon (La Presse du 7 février) décrit l’état désastreux de l’édifice situé au 3360 rue Goyer.

Pourtant Montréal s’est doté d’un plan d’action |1| qui définit des objectifs, des principes, des stratégies. On y lit par exemple dans le plan d’action en quatre volets que : Si le propriétaire délinquant n’offre pas son entière collaboration, il faut appliquer avec fermeté l’arsenal d’outils de contraintes dont dispose la Ville (volet 1).
Au volet 4, le plan indique qu’il faut établir une liste des indicateurs de suivi, qu’il faut rendre des comptes mensuellement au responsable de l’habitation au Comité exécutif. Ironiquement, ce responsable n’est nul autre que Russell Copeman, maire de l’arrondissement CDN-NDG.

Comment se fait-il alors qu’une histoire comme celle du 3360 Goyer se produise?
Reprenons le fil des interventions dans cet édifice, selon le rapport rédigé par la Direction de l’aménagement urbain de l’arrondissement le 13 février 2017 :
La première intervention s’est déroulée du 31 octobre au 7 novembre 2013 par une inspection des trente logements, des espaces communs et de l’enveloppe extérieure de l’édifice.
Le 9 décembre 2013, un avis de non-conformité portant sur 88 éléments a été signifié au propriétaire de l’immeuble. Des échanges ont eu lieu entre l’inspecteur et le propriétaire sur les éléments à corriger, les délais et les échéanciers.
De mars à octobre 2014, l’inspecteur a visité le bâtiment à dix reprises afin d’effectuer le suivi des travaux. Selon le rapport, à la fin de 2014, les 88 éléments de l’avis ont été corrigés à l’exception d’une partie de mur en façade réparé plus tard. Le dossier a été fermé le 27 juillet 2015.
Un an plus tard devant la gravité de la situation de ce bâtiment et étant donné la condition de vulnérabilité de certains occupants, l’arrondissement a délivré (le 15 décembre 2016) des avis d’évacuation concernant les deux logements les plus insalubres.
Le rapport nous apprend également que le propriétaire tardait a intervenir car la vente du bâtiment était en cours. Il a fallu attendre le 30 janvier 2017 pour que les avis de non-conformité soient envoyés au nouveau propriétaire, avec bien entendu de nouveaux délais.

La question qui se pose à la lecture de ce document est : en 2014 après dix inspections, on a considéré le problème réglé au point de fermer le dossier en 2015. Pourquoi ?
Seulement un an plus tard, le rapport parle de la gravité de la condition structurale du bâtiment. Les travaux étaient-ils bien faits? Suffisants?
Un doute existe : Y-a-t-il laxisme envers les propriétaires récalcitrants de la part des fonctionnaires? des dirigeants politiques élus avec à leur tête, le maire Copeman? Ou des deux?

Car alors, le problème n’est pas seulement celui de mauvais propriétaires mais pire encore, celui de l’arrondissement.

Victor Afriat, éditeur

|1| Plan d’action 2014-2017 : Lutte à l’insalubrité des logements

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