mercredi 19 septembre 2018
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Fête du sacrifice: des couteaux bien aiguisés

Le texte suivant est une réponse à Sylvie d’Amours, porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière d’agriculture qui dans un communiqué du 13 septembre déplorait que la loi québécoise «permette en toute liberté l’abattage personnel d’un animal mais en contrepartie, soumet les abattoirs à des règles strictes.» C’est simple écrit-t-elle, «aucun prétexte même religieux ne devrait permettre d’abattre un mouton dans sa cour arrière et faire souffrir un animal.»
Permettez-moi, madame, de vous contredire.

Ici comme ailleurs, les musulmans ont célébré l’Aid el-Adha, la fête du sacrifice, communément appelée l’Aid el-kébir (ou la grande fête) car elle est la plus importante du calendrier de l’islam. Cette tradition pré-islamique a une origine biblique, le récit d’Abraham acceptant de sacrifier son fils Isaac.

En souvenir de cette dévotion, les musulmans sacrifient un animal le 10e jour du dernier mois du calendrier, dhou al-hidja, qui marque chaque année la fin du pèlerinage (Hadj). Cette tradition suscite une grande controverse, d’abord en raison du nombre d’animaux sacrifiés, ensuite et surtout en raison de la méthode d’abattage.

Car pour être consommable (halal ou casher), chaque animal (la règle ne s’applique pas aux animaux marins) doit être abattu selon un rituel précis. Ce rituel pour beaucoup est inacceptable: l’animal est égorgé non étourdi, donc conscient puis vidé ensuite de son sang.

Origine du rituel
Le principe fondateur des religions abrahamiques (judaisme, christianisme, islam) est basé sur la foi en un dieu unique, créateur de l’univers. Il est selon les écritures le créateur de toute chose et de toute vie. Il en découle, pour ceux qui y adhèrent, la règle fondamentale que nul ne peut porter atteinte à sa création. Pour être cohérent avec ce principe et c’est son enseignement premier mais oublié, il faut être végétarien.

Bien entendu, cela n’a jamais été. Devant l’évidence, l’éthique juive a proposé des règles strictes sur la consommation de chair animale. Parmi elles, la shehita, le rituel d’abattage juif par jugulation qui rend l’animal propre à la consommation c’est-à-dire casher. Son équivalent dans l’islam est le dhakât qui rend l’animal halal.

Ces rituels exigent entre autre que chaque homme adulte, pour consommer la viande, doive sacrifier lui-même un animal conscient. Ce geste cruel et brutal vous contraint d’entendre et de voir l’animal souffrir puis mourir. Et c’est l’objectif premier de ce rituel qui vous mène à réfléchir et assumer votre statut de prédateur. Conséquemment, vous ne mangerez plus de viande ou sinon avec parcimonie.

Malheureusement, juifs et musulmans ont oublié la signification de ce geste et font de nos jours ce que la majorité des humains font. Déléguer cette responsabilité à d’autres, la mécaniser, tuer des bêtes préalablement anesthésiées afin d’alléger leurs souffrances et notre conscience, dans des abattoirs insonorisés puis acheter de la viande en plaquette comme un objet qui ne porte plus aucune trace d’une vie animale.

Est-ce là notre évolution ?

Victor Afriat

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