mardi 18 juin 2019
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L’itinéraire d’une jeune coopérante de NDG à Tarapoto

L’itinéraire d’une jeune coopérante de NDG à Tarapoto

Ces jours-ci se tenait à Montréal, le Forum Social Mondial (FSM) qui a vu le jour en 2001 à Porto Allegre au Brésil. Plusieurs centaines d’organisations venant de partout y participaient. De nombreux débats portant sur la défense des droits de la nature et la justice environnementale, les alternatives économiques, sociales et solidaires face à la crise du capitalisme ou l’auto-détermination des peuples ont fait l’objet d’un millier de rencontres.
Un des panels avait lieu ce vendredi 12, avec pour thème La coopération volontaire. Comment ça marche et qu’est-ce que ça donne ? Parmi les panélistes, Élizabeth Laval, une jeune montréalaise résidente de NDG qui œuvre depuis 2014 à Tarapoto au Pérou. Je l’ai rencontré dans un café de la rue Monkland, non loin de son domicile.

Qui est Élizabeth Laval ?
Elle a grandi dit-elle à ses débuts avec les programmes sociaux (aide sociale, logement social, aide alimentaire). Puis ses parents quittent le nord de Montréal (Sauvé) pour Côte-St-Luc et vers 17 ans NDG. Grâce à leur détermination, elle fait ses études au Collège des Marcellines qui forgera son caractère, un collège dont la devise est c’est difficile donc c’est beau. Puis elle part au Collège Brébeuf et à l’Université de Montréal en études internationales. Elle fait sa maitrise à Genève où elle étudie de nouveau, la sociologie, l’anthropologie, la politique, l’économie mais d’un point de vue du Sud. Sa thèse sur l’expansion et la production du soja au Mato-Grosso: une analyse de l’émergence des producteurs brésiliens sur la scène internationale la mènera au Brésil en 2014 après des stages en Argentine en 2009-2010 puis au Chili en 2011.

Elle postule pour un poste offert par l’organisme Uniterra et obtient son premier travail sur le terrain. Elle le fait depuis septembre 2014 à Tarapoto dans la région amazonienne du Pérou, une ville dont l’économie est essentiellement tournée vers le tourisme, l’agriculture (café et cacao) et l’élevage.

À Tarapoto, la plus populeuse ville de la région ( entre 120 000 et 150 000 habitants) les usagers de l’eau n’ont accès à l’eau potable que 12 heures par jour en moyenne. Le problème est que le niveau de l’eau est trop bas en été pour approvisionner les populations locales alors que le système de captage ne peut absorber les pluies diluviennes en hiver.
Les gouvernements locaux et régionaux ont jusqu’à présent porté leur attention sur des infrastructures défaillantes alors qu’un des aspect essentiel du problème, l’état des bassins approvisionnant les systèmes de captage, était jusqu’à l’an dernier quasiment ignoré.
Il m’est apparu judicieux écrit-elle dans un document publié le 22 mars dernier* de concentrer mes efforts sur cet aspect de la question… J’ai appuyé Emapa (l’entreprise municipale prestataire des services d’eau dans la région de San Martin) dans le développement d’un mécanisme de rétribution complexe adapté à la réalité locale.

La jeune étrangère qui rêve d’égalité femme-homme**
Changer le monde n’est pas son utopie. Le monde me dira-t-elle est en évolution constante. Je vois des changements, je vois des alternatives.
Justement l’une d’elles est la promotion de l’égalité femme-homme dans le cadre du projet mis en œuvre avec Emapa.
Quelques jours après mon arrivée à Tarapoto, écrit-elle, j’ai été sifflée par plus de 200 travailleurs lorsque présentée au personnel. J’ai été conviée avec mes consoeurs au comité de cuisine et pour clore la semaine, je me suis retrouvée au milieu d’une piste de danse entre trois autres compétitrices dans le cadre d’une soirée anniversaire de l’entreprise, l’objectif étant de déterminer laquelle danserait le mieux pour l’homme assis sur la chaise devant nous.
Dans un tel contexte, aurai-je pu éviter les soirées festives et souligner l’importance de la participation des femmes? En m’excluant, n’aurais-je pas cautionné l’inverse de ce que je voulais promouvoir?
C’est ainsi qu’un long processus de sensibilisation s’est mis en branle. Après plus d’un an d’ateliers participatifs, de coordination et de discussions, un comité interne de promotion de l’égalité femme-homme est mis en place qui veille d’une part à ce qu’il n’y ait plus de discrimination dans le déroulement des activités et qui d’autre part organise des ateliers de sensibilisation. Un protocole de prévention et de protection face au harcèlement sexuel a été approuvé qui implique notamment un processus de dénonciation confidentiel.

*Accès à l’eau et mécanisme de rétribution. Le cas de la région de San Martin
** La jeune étrangère qui rêve d’égalité femme-homme
Publiés sur http://blogue-volontaires.ca/author/elizabethlaval/

 

Note de la rédaction à propos du tourisme
La région de San-Martin connait un véritable renouveau faisant la part belle à l’écotourisme et aux cultures alternatives.
C’était un centre d’opération du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) durant le conflit armé qui a déchiré le Pérou entre 1980 et 1992 opposant le gouvernement péruvien aux guérillas du Sentier lumineux et du MRTA, et s’est soldé par des dizaines de milliers de morts.
La région de San Martin était la zone principale de production de coca et de base de cocaïne au Pérou dans les années 1980. La coca a été éradiquée au profit de cultures alternatives. Désormais des parcours touristiques, Route du café ou Route du cacao, traversent forêts tropicales et collines verdoyantes, L’ambition du Pérou est de devenir la première destination mondiale d’avitourisme, qui pourrait générer 50 millions de dollars annuellement. Le Pérou compte en effet 1.800 espèces d’oiseaux répertoriés dans le nord du pays, dont cette région de l’Amazonie. La ville de Tarapoto surnommée ville des palmiers compte aujourd’hui environ 80 hôtels, répertoriés par Trivago.

Victor Afriat

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