Vendredi 19 avril 2019  
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Mais où est donc passé le Club de tennis?
Article mis en ligne le jeudi 12 mars
 
Photo René le Clère
Le Club de tennis Mont-Royal, situé dans NDG, compte 102 années d’existence.
L’actuel Club de tennis Mont-Royal (CTMR)/Mount Royal Tennis Club (MRTC) dans Notre-Dame-de-Grâce est en fait le prolongement du Club de tennis de la Côte-Saint-Antoine, alors situé dans Westmount, au coin de la rue Sherbrooke et de l’avenue Kensington.
Le Club fondé en 1889 était réputé pour son emplacement magnifique, au pied de « La Petite Montagne » et comptait quatre courts sur gazon – ce qui faisait la réputation du Club de tennis – et deux courts sur terre battue afin de pouvoir jouer après la pluie.
The Dominion Illustrated, dans son édition du 11 juillet 1891, publia des scènes croquées lors d’un tournoi au Club de tennis de la Côte-Saint-Antoine, avec un orchestre de quatre musiciens, dont un harpiste, à la tête protégée du soleil par un canotier.
Malheureusement, ce Club de tennis de la Côte-Saint-Antoine était situé sur un terrain loué au Domaine Monk, qui décida de le vendre en 1906 pour être morcelé en vue d’y construire des habitations.
Ainsi contraint de déménager, le Club de tennis alla s’installer à la limite ouest de Westmount, au sud de la rue Sherbrooke, entre les avenues Grey et Vendôme, dans un nouveau terrain occupé par des vergers de pommiers et des champs de foin que onze personnes payèrent 4000 dollars de l’époque.

Pourquoi donc à N.D.G.?
Tout simplement parce que la Ville de Westmount avait des restrictions au sujet des permis de vente de boissons alcoolisées et, de plus, elle ne permettait pas de jouer le dimanche!
Neuf courts sur gazon, sept courts de terre battue ainsi qu’un club-house furent alors prévus.
Ainsi, le 18 mars 1907, le Club de la Côte-Saint-Antoine ferma ses portes et le Club de tennis Mont-Royal prit sans tarder la relève.
La cotisation annuelle était alors de 15 dollars pour les hommes et de 7 dollars pour les femmes.
Le petit club-house de Westmount déménagea en empruntant « Western Avenue », devenue l’« avenue de Maisonneuve » depuis octobre 1966. Bien sûr, ce déplacement entraîna la fermeture de la circulation des tramways pendant quelques heures sur l’avenue Victoria. Une plate-forme tirée par des chevaux se chargea du déplacement.
Se rendre au nouveau Club de tennis était presque une aventure. Le service des transports en commun, les tramways, n’allait que jusqu’à l’avenue Claremont, et bien sûr, à cette époque, les membres ne possédaient pas de véhicules automobiles… Il restait donc à parcourir à pied l’équivalent de deux pâtés de maisons. On construisit alors des trottoirs de bois, comme c’était la coutume.
Le nouveau Club avait une très bonne réputation et entrait en compétition avec The Montreal Amateur Athletic Association (M.A.A.A.) et d’autres clubs, dont ceux de McGill et d’Ottawa ainsi que d’autres de la région.
En 1912, on construisit un nouveau club-house que l’on voit toujours.

Un peu d’histoire
Le premier document officiel concernant l’origine du nouveau Club est une promesse de vente par les membres de la famille Décarie, propriétaire des terres, à une toute nouvelle corporation connue sous le nom de « The Mount Royal Lawn Tennis Club ».
La première promesse de vente est datée du 13 octobre 1906 et a été suivie par trois autres actes.
Le troisième acte, daté du 8 janvier 1907, a été dressé lors d’une vente publique tenue, en français et en anglais (le bilinguisme avant la loi!), à la porte de l’église paroissiale de Notre-Dame-de-Grâce, après l’office religieux.
Il est intéressant de savoir que le document de donation et de concession de terre sur laquelle se trouve maintenant le Club de tennis Mont-Royal, à l’endroit de Jean Décarie dit Le Houx, en 1680, a été fait en présence de plusieurs témoins dont Messire François Dollier de Casson, supérieur du Séminaire de Montréal et procureur de Messieurs les ecclésiastiques du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris.
Le Club de tennis Mont-Royal existe toujours au même emplacement et se porte bien. C’est un club sportif privé, n’y adhère pas qui veut. Il faut être recommandé par deux membres actifs et les règlements internes sont exigeants, notamment au sujet de la tenue vestimentaire et du comportement.
Comme jadis, l’été, sur les pelouses verdoyantes, les soirées B.B.Q. des mercredis sont parfois animées par un orchestre installé sur la terrasse surélevée du club-house. Mais plus personne ne porte de canotier!
Depuis sa fondation, le Club a joué un grand rôle dans l’histoire du tennis du Canada. Nombreuses sont les vedettes de tennis, de calibre international, qui fréquentèrent et fréquentent toujours les courts. Et cela remonte aux coupes Davis qui s’y déroulèrent, à partir de 1918. Vingt-cinq coupes Davis s’y sont tenues.
Le Club tout entier est fermé pendant l’hiver. Il a fêté son centenaire en juin 2007.
Il compte actuellement environ 1000 adhérents, des membres joueurs et des membres sociaux. Et la liste d’attente est longue.
La station de métro Vendôme est à deux pas du Club de tennis Mont-Royal. Une plaque de fonte vissée au mur, juste de l’autre côté de la billetterie, indique que le terrain où furent construites les stations Vendôme et Villa Maria appartenait à la famille Décarie.

[ René le Clère





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