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5 questions aux candidats de Westmount–Saint-Louis
Article mis en ligne le jeudi 27 novembre 2008
À l’occasion de l’élection se tenant le 8 décembre prochain, Les Actualités a posé cinq questions à saveur locale aux candidats se présentant dans Westmount–Saint-Louis. Ils ont tous répondu à nos questions, à l’exception du candidat adéquiste, Léonidas Priftakis, qui a dû annuler l’entrevue téléphonique prévue avec Les Actualités à cause d’un conflit d’horaire. Il lui était impossible de nous accorder une autre entrevue avant de mettre sous presse. C’est pourquoi vous ne pourrez lire ses réponses.


La construction du Centre universitaire de santé McGill à la frontière de la Ville de Westmount va de l’avant. La construction du CUSM est-elle un avantage ou un inconvénient pour les habitants de Westmount et pourquoi?

Nadia Alexan, Québec solidaire : « Je pense que ce n’est pas un avantage parce que nous avons déjà ici deux centres : l’Hôpital général de Montréal et le Royal Victoria qui sont beaucoup plus proches. On peut les faire arranger au lieu de dépenser des millions et des millions pour refaire un hôpital. Moi, je suis contre ça. »

Jacques Chagnon, Parti libéral du Québec : « C’est un avantage. D’abord, ça signifie la proximité de services de plus haute qualité pour les citoyens de Westmount. […] En ce qui concerne la circulation que ça va causer, il y en a une partie qui va toucher Westmount, c’est sûr, mais la réorganisation de l’échangeur Turcot va avoir beaucoup d’importance pour réaffecter une partie de la circulation de l’hôpital, c’est comme ça que ça doit être vu. »

Patrick Daoust, Parti vert du Québec : « Il y a des inconvénients et des avantages. Le transport et le flux du trafic sont des questions importantes et qui souvent ne sont pas assez étudiées dans les projets de développement urbains autour de la circonscription Westmount-Saint-Louis. […] C’est surtout une question de santé publique parce que plus il y a de trafic, plus il y a de risques d’accident. C’est une question purement statistique. J’ai des amis qui sont ingénieurs de trafic et ils me disent que c’est certain, avec telle quantité de trafic tu t’assures d’avoir un minimum de tel nombre d’accidents par année. C’est démontré partout en Amérique du Nord. […] Je ne peux pas dire que j’ai une position absolument pour ou contre moi-même, mais je dirais ce qu’il y a manqué là-dedans, c’est qu’il n’y a pas eu suffisamment de consultations publiques pour demander l’avis des gens et pour voir comment l’implantation d’un tel projet va affecter tous ceux qui demeurent dans les environs. »

Daniella Johnson-Meneghini, Parti québécois : « L’impact pour les habitants de Westmount, c’est que l’on a un hôpital de plus. Évidemment, avec les listes d’attente qui s’allongent, le manque de places dans les hôpitaux et le manque de médecins, c’est important. Si on ouvre un nouvel hôpital, on va avoir de la place même s’il n’y a pas assez de médecins pour l’instant. Les habitants de Westmount vont pouvoir jouir d’un nouvel hôpital. »


Le projet d’une liaison ferroviaire entre l’aéroport Pierre Elliot Trudeau et le centre-ville semble vouloir se concrétiser. Des parcours sont à l’étude, dont un passant dans le sud de la Ville de Westmount. Plusieurs résidents de Westmount s’inquiètent des répercussions d’un tel projet sur leur qualité de vie. Que pensez-vous de ce projet et comment comptez-vous en minimiser les impacts négatifs?

Nadia Alexan : « Il faut faire des barrières sonores. Le transport en commun est, en général, plus valable que les autos. Les autos contribuent à l’effet de serre. Écologiquement, les autos ne sont pas le meilleur transport à utiliser. Pour moi, le transport en commun est pour tout le monde et plus vite. S’il y a un train qui va du centre-ville à Dorval, c’est certain que ce sera plus vite. »

Jacques Chagnon : « Ce qu’il faut d’abord, de la part de l’AMT, c’est de réfléchir à deux choses. Tout d’abord, modifier l’organisation de l’emprise de la voie ferroviaire. Un des problèmes avec la voie ferroviaire, ce n’est pas la voie en tant que telle, c’est qu’il y a des vibrations, des problèmes corollaires au passage des trains. À ce moment-là, je pense qu’il faut faire une entente avec la compagnie de chemin de fer qui est propriétaire de l’emprise pour refaire l’emprise au complet. À moment-là, la réfection de l’emprise va régler le problème de vibrations. […] Il va falloir penser à s’équiper avec des trains modernes, ce qui implique qu’ils sont beaucoup plus légers. On parle de trains de passagers, ce ne sont pas des trains lourds comme des trains de fret. Malgré ça, il va falloir refaire l’emprise des voies ferrées et repenser à faire du transport en commun avec des trains plus légers. »

Patrick Daoust : « Je pense que le projet en tant que tel est valide. Avoir une liaison qui se rend rapidement de l’aéroport au centre-ville, ce serait important pour le développement économique de Montréal. […] C’est certain que les questions du bruit et de la fréquence de passage des trains sont importantes, il y a différentes choses qui peuvent être faites là-dessus. Par exemple, le genre de train qui est utilisé, des barrières sonores dans les régions plus résidentielles. Je ne suis pas un ingénieur en urbanisme, je ne peux pas faire une liste complète des mesures techniques à entreprendre. C’est certain que, selon la philosophie du Parti vert, la question sociale c’est un facteur très important à prendre compte dans notre analyse à nous. C’est une chose pour laquelle on est prêt à modifier des projets et à débourser beaucoup plus d’argent pour que le projet soit un avantage non seulement du point de vue économique, mais aussi pour les citoyens de la Ville. C’est-à-dire que le projet doit amener le minimum de nuisances pour la population. Tout ça doit être équilibré. »

Daniella Johnson-Meneghini : « Je crois qu’il faut travailler en collaboration avec la municipalité. […] La ligne ferroviaire, je pense que c’est un bon plan, une bonne idée. J’ai déjà essayé de me rendre en transport en commun à l’aéroport, c’est très compliqué. Il faut prendre le métro, des autobus, si on les manque, on doit attendre 40 minutes. Je pense que c’est un bon plan du côté environnemental. »


Malgré la signature d’une entente, les relations entre la Ville de Montréal et les villes défusionnées restent tendues. Quel rôle peut jouer le gouvernement provincial afin d’améliorer cette situation?

Nadia Alexan : «Je pense que ces fusions-là n’ont rien donné ni à Toronto, ni ici. Je pense que c’était une très mauvaise idée parce que le palier municipal est le plus proche des résidents. Et quand ça devient une grosse affaire déconnectée des citoyens et très gros comme la Ville de Montréal, on enlève une partie de la démocratie. […] On peut diviser les responsabilités de façon à ce que Westmount ait plus de pouvoirs, plus de responsabilités que la Ville de Montréal qui est vraiment beaucoup plus éloignée des citoyens que la Ville de Westmount. »

Jacques Chagnon : « C’est bien entendu qu’on ne commencera pas à faire de l’arbitrage entre les personnes. Ce qu’on avait dit qu’on devait faire en 2003, qu’on a finalement fait en 2007, c’est de permettre aux villes reconstituées de reprendre leur autorité sur leurs organisations antérieures à l’exception d’un point qui est la sécurité publique, en particulier dans le cas de Westmount, le secteur des pompiers. À part la cour municipale, la Ville de Westmount a récupéré toutes ses fonctions et particulièrement celle qui concerne les infrastructures. À ce moment-là, il y a eu un retour d’argent qui a permis à Westmount d’avoir 3 ou 4 millions par année pour justement prendre des décisions locales pour des besoins locaux. La question suppose de mauvaises relations entre les villes de Montréal et de Westmount. Je ne crois pas qu’on ait un problème de mauvaises relations, des fois on ne s’entend pas, mais ça arrivait aussi quand la CUM [ NDLR : Communauté urbaine de Montréal] existait. Ça arrivait que les gens ne soient pas sur la même longueur d'onde et ils débattaient de leur opinion et ça, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, c’est même sain dans un système démocratique. »

Patrick Daoust : « C’est une question importante qui me tient à cœur. Je trouve que la manière que les fusions municipales et par la suite les défusions ont été menées, ça a été un fiasco total qui ne tenait pas en compte la démocratie locale. Ça ne respectait pas totalement les citoyens. […] Je pense que la structure du conseil d’agglomération n’est pas fonctionnelle parce que ça laisse une majorité du pouvoir et du droit vote dans les mains de la Ville de Montréal ce qui est injuste envers les petites municipalités comme Westmount qui perdent de leur autonomie. Ils ont théoriquement une voix là-dedans, mais étant donné que la balance du pouvoir est du côté de Montréal, c’est revenir à dire que Montréal finit par décider de toutes les questions au conseil d’agglomération. Je trouve ça injuste. […] Nous, on croit fortement en la décentralisation du pouvoir et on pense que les gens devraient avoir le droit de décider localement des décisions qui les affectent dans leur vie quotidienne. Si j’étais élu, je travaillerais à la modification de la structure du conseil d’agglomération pour permettre que les villes défusionnées comme Westmount aient plus de pouvoir décisionnel. »

Daniella Johnson-Meneghini : « C’est sûr qu’on ne veut pas s’ingérer dans l’administration individuelle de chaque municipalité. […] Ce qu’on peut jouer comme rôle en ce moment, d’où je suis placée et de ce que je peux en savoir, c’est un rôle de médiateur tout simplement. […] La seule chose que le gouvernement provincial pourra faire selon moi c‘est de conseiller et de faire le médiateur. »


Les questions de l’environnement et du développement durable sont des sujets importants pour bien des électeurs. Toutefois, dans le cadre d’une crise économique ces thèmes sont souvent relégués au deuxième plan. Est-il possible de rallier économie et environnement?

Nadia Alexan : « Absolument parce que tous les nouveaux projets qui sont écologiquement sains vont aussi rapporter de l’argent. Ce sera économiquement viable aussi parce que l'on fait les choses, mais avec un renouveau écologique alors oui ça va rapporter de l’argent. »
Jacques Chagnon : « Si en 2008 on ne réussit pas à le faire, on ne le fera jamais. On ne peut pas aujourd’hui penser autrement. Le contexte scientifique démontre facilement des problèmes immenses comme le réchauffement de la planète qui deviendront les problèmes numéro 1. Le développement économique doit passer par le calcul des émissions de CO2 et par le calcul du coût environnemental de chacune de nos décisions. En 2008, prendre des décisions économiques sans tenir compte de l’environnement c’est comme se jeter en bas du ravin. C’est fou, ce n’est pas possible. »

Patrick Daoust : « Absolument, non seulement c’est possible, mais c’est avantageux sur le plan économique. Il y a aussi que c’est nécessaire de le faire. […] Il faut penser le développement économique en fonction d’un développement durable. Nous devons tendre vers une économie verte qui en soi serait génératrice d’emplois et d’innovations. C’est quelque chose qui n’a pas été entamé au Québec de façon adéquate avec les derniers gouvernements. »

Daniella Johnson-Meneghini : « Entièrement possible quand on pense au développement durable. Si on veut développer notre économie pour justement pallier la crise économique qui est à nos portes. On peut penser aux éoliennes, à l’hydroélectricité que nous produisons en quantité. C’est certain que l’on peut trouver des moyens pour créer de l’énergie propre et renouvelable parce que du vent, on va toujours en avoir et de l’eau, pour l’instant on en a encore pour quelques années. C’est sûr que l’environnement et l’économie peuvent travailler main dans la main pour se développer. »


Y a-t-il un enjeu local sur lequel vous comptez particulièrement travailler?

Nadia Alexan : « On ne doit plus donner la priorité à l’économie plutôt qu’aux citoyens. […] Ça ne marche plus quand l’on donne tout aux multinationales et aux grosses entreprises privées : des subventions, des échappatoires fiscales, des prêts qu’ils ne remboursent jamais. On ne peut plus agir de la sorte. Il y a maintenant deux économistes ayant reçu un prix Nobel, Stiglitz et Krugman, qui disent que ça ne peut plus marcher comme ça. Le capitalisme sauvage va nous tuer tous, les habitants de la terre et la terre elle-même. […] Si nous, les contribuables, payons des impôts, c’est pour avoir des services pas pour que cet argent aille aux grosses entreprises privées. Je suis complètement contre ça. »

Jacques Chagnon : « C’est définitivement les deux hôpitaux [ NDLR : le CUSM et l’Hôpital général de Montréal ] . […] La bonne nouvelle depuis quelques mois, c’est que l’on a désynchronisé les deux projets de méga-hôpitaux. J’ai travaillé beaucoup là-dessus. »

Patrick Daoust : « Je pense que les questions de démocratie locale et de représentation des gens sont vraiment quelque chose qui me tient personnellement à cœur. La question des fusions et défusions par rapport aux droits qui reviennent aux villes, c’est quelque chose en quoi je crois profondément. C’était un enjeu lors de la dernière campagne électorale, ça en demeure une. »

Daniella Johnson-Meneghini : « L’itinérance. […] C’est une problématique qui est surtout présente au centre-ville. On a établi un plan d’aide et de soutien aux organismes qui se chargent des itinérants aux refuges et qui crient à l’aide pour avoir des subventions parce qu’ils ne peuvent pas subvenir aux besoins des itinérants qui se présentent là chaque jour. Notamment avec la crise qui approche, les premières personnes à être touchées sont celles qui sont dans la rue. »


[ Propos recueillis par Ariane Lafrenière]




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