Lundi 18 novembre 2019  
Depuis JANVIER 2013, les Actualités dispose d'un nouveau site. Pour y accéder, rendez-vous sur www.lesactualites.ca



























La « maison Van Horne » revisitée
Article mis en ligne le jeudi 3 mai 2012

 
Photo: Marie Cicchini

Le bâtiment avait subi 20 ans de négligence avant l’incendie en raison d’un conflit entre les héritiers, selon des témoins qui résident dans le voisinage.

Le comité de démolition de l’arrondissement de CDN-NDG a voté à l’unanimité le 24 avril dernier pour la démolition de l’une des plus anciennes maisons construites dans la partie ouest de l’avenue Van Horne.

La compagnie Développement Jarell obtiendra son permis de démolition le 24 mai prochain. D’ici là, les citoyens peuvent en appeler de la décision par lettre au greffe.

La compagnie de construction a acquis la maison septuagénaire en 2010. La valeur de l’immeuble est passée de 305 000 en 2007 à 378 000$ en 2012. Le bâtiment lui-même est passé de 69 600 $ à 92 400 $ au dernier rôle d’évaluation.

Aucune maison patrimoniale ne défrayera la chronique médiatique comme la Maison Van Horne, démolie en 1973 à l’ère de la modernisation du centre-ville.

Elle est pourtant importante pour le patrimoine bâti de ce quartier. Elle fait partie des premières résidences construites sur la partie ouest de l’avenue Van Horne.

Pour la petite histoire, elle fut construite en 1934 pour Pierre Guidazio, qui l’aurait donnée à son frère Joseph. Le concepteur italien n’a pas été identifié. La maison fut prêtée à une communauté religieuse pendant 20 ans. L’intérieur fut réaménagé pour des fins de prière et de réjouissances communautaires.

La compagnie de construction veut démolir cette maison et construire un duplex jumelé de six logements et six stationnements, avec mezzanine sur le toit, logements au sous-sol et cours anglaises. Il aurait l’apparence d’un grand cube dans lequel sont découpées des ouvertures et des entrées.

En 2006, un incendie d’origine accidentelle a ravagé cette vieille maison, qui était déjà aux prises avec des années de négligence. Les coûts de restauration sont aujourd’hui estimés à plus de 500 000 $ sans inclure la nouvelle finition, le revêtement, les portes et les fenêtres.

Il s’agit d’un bâtiment isolé avec une entrée massive situé à l’angle de la rue Légaré. Il est situé parmi des bâtiments jumelés à tourelles ou toits en pente bâtis à la même époque. Le même concepteur italien a construit les cinq maisons en rangée juste en face de la maison. Elles ont un revêtement de pierre, des toits d’ardoises, des boiseries, des planchers de chêne, des calorifères encastrés avec plaques de bronze.

Les murs de maçonnerie ont d’importantes fissures, les arbres ont affecté la fondation, et les fenêtres sont inclinées. Il y a eu des infiltrations d’eau par les trous importants dans le toit d’ardoise et de taule. La cheminée est penchée et risque de s’effondrer. La poutre de soutènement en métal qui a été installée pour transformer le deuxième étage en grande salle a perdu ses attributs à cause du feu, entre autres.

Un étudiant en architecture a rappelé les propos que le maire du Sud-Ouest a tenus au cours de la semaine en affirmant que la démolition de « ce bâtiment patrimonial ouvrira possiblement une brèche vers d’autres actes d’effacement dans ce secteur historique ».

Un témoin de longue date de la détérioration du bâtiment a remis en question la volonté de la Ville pour l’empêcher de se détériorer après l’incendie. Une citoyenne a ajouté que ce serait « un péché de le remplacer par un bâtiment dont aucun élément ne s’intègre au milieu, même pas les pierres ».

Mais la maison patrimoniale a fait l’objet d’au moins un litige. « C’est un dossier complexe qui pendant trois ans s’est étiré devant les tribunaux. L’arrondissement ne pouvait pas agir tant que l’affaire était devant le tribunal », a affirmé Louis Brunet, architecte et conseiller en aménagement

L’arrondissement a reçu trois lettres d’opposition des citoyens, mais le comité a voté en faveur de la démolition du bâtiment à cause du risque qu’il présente pour la sécurité des citoyens. Deux firmes d’ingénieurs ont conclu qu’il n’est pas stable et doit être démoli sans tarder à cause de sa détérioration considérable.

Caroline Langis, chargée des communications, a précisé qu’à la suite de l’incendie, l’arrondissement a exigé du propriétaire à plusieurs reprises entre 2006 et 2011 qu’il barricade le bâtiment puisqu’il était dangereux d’y pénétrer. La solidité des matériaux utilisés dans sa construction, même avant l’incendie, ne lui aurait pas permis de traverser le temps, dit-elle.

[ Marie Cicchini ]

redaction@lesactualites.ca





Accueil | Westmount | Côte-des-neiges Notre-Dame-de-Grâce | Annuaire
Copyright © Tout droits réservés 2007. www.lesactualites.ca