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Les taxis en zone de conflit
Article mis en ligne le jeudi 3 mai 2012

 
Photo: Marie Cicchini

Les taxis ont perdu huit places de stationnement autour de l’hôpital, selon un chauffeur.

Les résidents d’un immeuble situé en face d’un grand hôpital sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine ne se réjouissent guère de la saison estivale qui arrive puisque ce ne sera pas que la température qui montera.

Des travaux de construction autour de l’Hôpital général juif ont fait disparaître des postes d’attente pour les taxis. C’est devant des immeubles à logement juste en face de l’entrée de l’hôpital que les taxis ont choisi une aire d’attente, car c’est le seul endroit libre qu’il reste.

Mais ce choix n’est pas de tout repos. Par beau temps, la vie et les affaires reprennent leurs droits à l’extérieur, et les tensions montent.

Avec photos à l’appui, Amina parle de l’invasion de bruits dans son appartement. La situation est devenue « invivable » depuis l’été dernier à cause de quelques chauffeurs de taxis et de querelles qui surviennent de temps à autre.

« Ce sont des hommes et ils ont des voix très, très graves. Fenêtres fermées, je les entends. Il y en a un d’un côté, l’autre se met de l’autre côté de la rue, ils se mettent à parler. Ça peut durer des heures. Et c’est continu. Quand il y en a un qui ne trouve pas de place, il se gare dans notre entrée privée. L’année dernière, il y en a un qui mettait la radio, qui ouvrait la portière du taxi, qui sortait de sa voiture et qui écoutait. Dans notre allée, il y a une barre en métal où trois ou quatre s’appuient et commencent à discuter. Ils font des remarques aux femmes, et il y a des mères de famille, mariées, qui se font draguer par ces messieurs-là », lance-t-elle par exaspération.

Amina serait la voix de plusieurs résidents qui sont occupés, qui ont des enfants. Ils veulent la tranquillité jusqu’à neuf heures trente le soir, et pouvoir ouvrir leurs fenêtres. Ils ne veulent pas toujours se plaindre, ni devenir des militants antibruit, affirme la jeune femme.

Quand les agents de stationnement font leur ronde, les taxis se dispersent puis reviennent. Les compagnies de taxi ne peuvent intervenir pour le bruit qu’au cas par cas, dit-elle. Et les policiers ne peuvent rien faire tant qu’il n’y a pas de menace ou d’insulte.

En entrevue, Michel Therrien, directeur des communications à l’arrondissement de CDN-NDG, a dit que le Bureau du taxi et la Direction des travaux publics ont des échanges de façon verbale au besoin, et que des discussions sont en cours pour agrandir l’aire d’attente.

« Une aire d’attente pour taxis est en place sur Côte Sainte-Catherine, mais il semble que le nombre de voitures dépasse la capacité de l’aire d’attente. Les chauffeurs de taxi se stationnent donc de façon illégale, dans des zones, non prévues pour eux. Le SPVM donne des contraventions aux chauffeurs délinquants », a-t-il répondu.

Obligés de tourner en rond
Les chauffeurs de taxi que nous avons rencontrés sur les lieux nous ont refusé toute demande d’interview. Pourtant, l’un d’eux qui connaît bien le secteur affirme que la situation s’est dégradée autour de l’hôpital.

« Il y a 3500 taxis à Montréal, et il n’y a de la place que pour 2000 », a-t-il dit. Il décrie le mot d’ordre des autorités, soit de « circuler » autour de l’hôpital, à ses propres frais, et au risque de perdre sa priorité dans la file alors que l’attente peut durer une heure ou plus.

En plus de s’exposer à des contraventions, il doit composer avec une augmentation des frais d’exploitation et avec la concurrence déloyale dans ce milieu perméable tout en restant conforme avec les réglementations environnementales qui ont grugé considérablement ses revenus.

D’ailleurs, depuis le 1er mai dernier, une nouvelle réglementation est en vigueur dans la Ville de Montréal pour obliger tous les taxis à porter un dôme d’identification de forme identique. Ce chauffeur l’a donc fait installer, ce qui coûte 200 $ à l’installation.

Il n’est pas sûr pour autant qu’il y ait une lueur à l’horizon. Ce qui est certain, c’est la tendance des nouvelles compagnies dans les grandes villes à doter leurs taxis de dômes publicitaires, et que trois compagnies (550 taxis) ont débarqué à Montréal en février 2012.

[ Marie Cicchini ]

redaction@lesactualites.ca





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