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Côte-des-Neiges a mal à son image
Article mis en ligne le jeudi 3 mai 2012

Plein de potentiels inexploités, le quartier doit se doter d’une image de marque, soutient Leyla Rahmouni, coordonnatrice du forum. Le marketing territorial de Côte-des-Neiges sera un des thèmes abordés lors du prochain Forum économique d’Outremont et de Côte-des-Neiges qui se déroulera le 7 mai prochain.

C’est l’Association des gens d’affaires de Côte-des-Neiges (AGACDN) qui est l’instigateur de cet évènement annuel. Ce cinquième forum sera aussi l’occasion de faire un bilan des quatre éditions antérieures. Les décideurs issus des milieux d’affaires, politiques, institutionnels et communautaires du quartier seront réunis pour l’événement. Si le forum n’est pas ouvert au public, les citoyens demeurent représentés par les élus et les organismes communautaires.

« Le territoire manque de marketing territorial, il n’a pas d’image de marque, alors qu’il a un potentiel énorme, ajoute Leyla Rahmouni. C’est comme si vous aviez un iPad, mais qu’on vous le vend dans une gargote », compare-t-elle. Il y a un manque de publicité territoriale et d’information à diffuser sur le quartier.

Ces informations, on en retrouve dans l’Étude d’impact des projets de recherche et d’investissement dans les domaines des sciences de la vie et des technologies de l’information et des communications, réalisée par l’Institut pour le progrès socio-économique (IPSÉ). L’étude corrobore ce que Leyla Rahmouni et Jérôme Bugel, président de l’AGACDN, soupçonnent depuis longtemps, c’est-à-dire un potentiel de développement très grand dans le quartier, potentiel qui demeure inexploité.

Côte-des-Neiges est doté d’un atout particulier, celui d’avoir sur son territoire deux secteurs institutionnels majeurs, soit la santé et l’éducation. Basé sur ces deux piliers, le développement économique ne peut être que durable puisque, comme le souligne Leyla Rahmouni, ils ne peuvent pas être délocalisés. « Le montant des investissements qui sont faits aujourd’hui montre bien qu’on est en train de renforcer ces piliers », ajoute-t-elle.

Pourtant, le taux de chômage demeure important, et ce, même si le quartier détient un taux de diplomation très respectable.

Jérôme Bugel croit que même au niveau des acteurs locaux, ils sont presque obligés de faire la démonstration du potentiel du territoire. « Il faut éduquer nos propres troupes », ajoute-t-il. L’association a d’ailleurs comme objectif de convaincre les acteurs du potentiel du quartier. Par la suite, il sera possible de parler de perspectives d’avenir.

Le quartier est reconnu pour son caractère transitoire. « Côte-des-Neiges est un territoire en mouvement, affirme Leyla Rahmouni. Qu’avons-nous fait pour faire en sorte qu’il y ait du transit et de l’ancrage? C’est ça notre problème aujourd’hui », conclut-elle. Une solution d’ancrage pourrait être, entre autres, la construction de maisons de retraite.

Attirer les touristes
Pour arriver à se créer une vitrine, Leyla Rahmouni croit que la première chose à faire est d’accroître l’attractivité touristique. Il faut vendre le territoire. La capacité d’attirer les touristes ne réside pas que dans l’Oratoire Saint-Joseph, soutient Jérôme Bugel. L’architecture, notamment de l’Université de Montréal, est intéressante. Il y a aussi le Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, l’un des rares au monde qui pourrait attirer beaucoup plus de visiteurs, tout comme l’observatoire d’oiseaux migrateurs.

Pour Jérôme Bugel, Côte-des-Neiges est un « village planétaire ». C’est un laboratoire extraordinaire de potentiel. Presque tous les enjeux auxquels le Québec devra faire face dans les 20 à 30 prochaines années se retrouvent sur le territoire. L’expertise au niveau des services communautaires, entre autres pour soutenir l’intégration des immigrants, devrait pouvoir rayonner à l’extérieur du quartier. « Le quartier devrait être une figure de proue, et pourtant, ce n’est pas le cas », dit-il.

La prochaine étape pour le forum et l’AGACDN serait de se doter d’un bureau du développement durable sur le territoire. C’est une demande qui sera faite aux élus. Il se rend compte qu’une fois les forums passés, il y a un vide, vide qui ne demande qu’à être porté. L’association a besoin de moyens pour poursuivre la mission du forum le restant de l’année.

[ Mélissa Savary ]





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