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Le paradoxe du budget Harper
Article mis en ligne le jeudi 19 avril 2012

 
Photo: gracieuseté de Howard Liebman

Irwin Cotler, député de Mont-Royal et ancien ministre de la Justice, a célébré le nouvel an à Jérusalem pendant la semaine du 19 mars avec le Secrétaire général et le Secrétaire général délégué du Centre mondial baha’i de Haïfa au cours d’une visite.

Irwin Cotler a fortement réagi au budget Harper en sonnant l’alarme sur ce qu’il dénonce comme un mépris du gouvernement pour la démocratie et la justice sur les plans domestique et international.

À sa dernière convocation des médias locaux, le 2 avril dernier, le porte-parole libéral en matière de justice et de droits de la personne et vice-président du sous-comité des droits internationaux de la personne a formulé de cinglantes critiques sur le premier budget du gouvernement majoritaire de Stephen Harper.

Ottawa sabre 5,2 G $ par année pour trois ans dans les dépenses et supprime 19 200 postes dans la fonction publique afin de rétablir l’équilibre budgétaire à 2014-2015.

Dans ce coup de barre, le gouvernement Harper évacue les valeurs canadiennes et troque la stratégie pour l’avenir que doit être le budget pour un énoncé financier, selon le député libéral à la Chambre des communes.

« À la veille même du 30e anniversaire de la Charte canadienne des droits et libertés, il élude les questions de justice et de droits de la personne. Il ne traite point de droit international, d’impunité, de politique étrangère, d’aide humanitaire  », a décrié Irwin Cotler.

Le député croit que l’agenda du gouvernement conservateur appelle à une croissance substantielle de la population carcérale qui entraînera des coûts additionnels.

Ce budget est paradoxal, souligne-t-il. « Ce qui domine l’agenda depuis la rentrée parlementaire, c’est le projet de loi C-10. Le budget n’attribue aucun coût à cette loi ou à ses priorités législatives. Le directeur parlementaire du budget Kevin Page avait établi le coût d’une seule de ces lois à 5 G$ dans le précédent Parlement  », rappelle le député.

Le budget des dépenses de la Sécurité publique sont réduits de 688 millions $ au cours des trois prochaines années. Les services correctionnels devront atteindre des économies de 295 M$ d’ici 2014-2015. Dans ce contexte, le ministre Vic Toews, a laissé entendre le 30 mars dernier que sévir contre la criminalité ne signifie pas nécessairement qu’il faudra construire de nouvelles prisons, et que le durcissement de la législation n’entraînerait que 500 prisonniers de plus.

Irwin Cotler se demande comment le ministre fera pour réduire en même temps son budget de 10% et composer avec une ponction de 85,5 M$ alors que les prisons de certaines provinces sont à 200% de capacité.

Sévèrement critiqué comme le champion des peines minimales par le sénateur Claude Carignan lors de l’adoption de C-10 en troisième lecture, Irwin Cotler réplique que ce budget ne tient pas la route du point de vue de la charte des droits.

Il rappelle qu’en mars 2011, le gouvernement Harper avait été défait sur une motion de censure de tous les partis d’opposition l’accusant d’outrage au Parlement pour non-respect de la démocratie, refus de rendre des comptes et de révéler le coût du projet de loi omnibus, notamment le coût des prisons et le coût des avions de chasse.

À l’étape du rapport en comité à la Chambre des communes, le débat sur le projet de loi C-10 a été clos après seulement deux jours de débat. « Le public a le droit de savoir ce que coûte cette loi afin qu’il puisse faire des choix éclairés », a-t-il insisté.

Il prévoit que la surpopulation carcérale prépare le terrain à une augmentation de violations des droits des prisonniers, ce qui alourdira le fardeau des tribunaux pour des cas de droits bafoués.

Le Québec devra absorber les coûts de programmes du gouvernement auxquels il s’oppose, comme la Loi sur les jeunes contrevenants que le gouvernement Harper veut remplacer par un modèle carcéral et punitif.

« Ce modèle est sans provisions sur le plan de l’intégration, de la réadaptation et des maladies mentales, alors que jusqu’à 40 % des détenus souffrent de différentes formes de maladies mentales ou de handicaps. On aura plus de crimes, moins de justice, une hausse en flèche des coûts non révélés, moins de réadaptation pour les criminels, moins de protection pour les victimes, et en fin de compte moins de sécurité publique dans l’ensemble  », a-t-il dit.

Irwin Cotler a également dénoncé les coupes à l’environnement et au budget des Anciens combattants, au Conseil canadien pour les réfugiés et à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. « Ce sont autant de dossiers qui auraient grand besoin d’un débat au pays », a-t-il mentionné.

[ Marie Cicchini ]

redaction@lesactualites.ca





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