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Plus de 220 000 étudiants manifestent
Article mis en ligne le jeudi 22 mars 2012

 
Photo: gracieuseté de la FAÉCUM/Élias Touil

Les étudiants de l’Université de Montréal

« Ce n’est pas un budget réfléchi en fonction d’une échéance électorale, c’est un budget réfléchi en fonction de l’avenir du Québec. »

La position de Raymond Bachand, ministre des Finances, reste sans compromis alors que circulent les rumeurs d’élections générales pour le printemps.

Le gouvernement Charest maintient les objectifs poursuivis depuis deux ans  : resserrement des dépenses et retour à l’équilibre budgétaire « pour bâtir une économie forte ».

Dans le camp des étudiants, la hausse de 1625 $ des frais de scolarité ne passe pas. Au 20 mars dernier, 220 000 étudiants membres de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FÉUQ) avaient obtenu un mandat de grève coïncidant avec le dépôt du budget.

Le mouvement de protestation qui dure depuis plusieurs semaines à la grandeur du Québec atteint son point culminant : une manifestation doublée d’une grève d’une ampleur jamais vue le 22 mars au centre-ville de Montréal.

À l’Université de Montréal, les élèves de la faculté de médecine et de l’aménagement cycles supérieurs ont débrayé le 20 mars. Huit autres ont emboîté le pas deux jours plus tard et font deux ou trois jours de grèves ponctuelles. Pour la première fois de leur histoire, les cycles supérieurs de Polytechnique ont transformé la grève du 22 mars en une grève renouvelable à partir du 21 mars. Ils sont tout aussi déterminés à dire au gouvernement qu’il fait fausse route dans le dossier des frais de scolarité.

À Tout le monde en parle, le 18 mars, Line Beauchamp, ministre de l’Éducation, ne recule pas devant le bras de fer qui s’annonce.

La ministre n’est pas prête à rencontrer la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Des manifestants ont envahi et occasionné quelques dommages à son bureau de circonscription, alors qu’elle y était avec ses employés.

Avant le budget 2011, les étudiants ont été invités à une réunion sur l’avenir des universités. À l’ordre du jour : comment mieux les financer, comment améliorer le système de prêts et bourses, et comment améliorer la gouvernance des universités. « Les étudiants ont quitté la rencontre », a-t-elle rappelé.

Elle a expliqué de quelle façon le gouvernement compte renflouer les coffres des universités. D’ici 5 ans, elles auront 850 M $ de plus. Environ 430 M$ viendront de l’ensemble des contribuables et des entreprises du Québec par les impôts et les taxes. Les étudiants doivent participer à l’effort, dit-elle, et ce, à hauteur de 230 M$ sur le 850 M$. Pour le reste, les universités devront aller chercher d’autres sources de financement. Elle précise également où doit aller l’argent : à l’enseignement et à la recherche. « S’il y a des déviances, on applique des pénalités  », a-t-elle dit en référence aux généreux montants que touchent les recteurs et vice-recteurs pendant que les étudiants « se serrent la ceinture ».

Les prêts et bourses annoncés dans le budget sont censés venir à la rescousse des plus pauvres. Le gel des frais est un appauvrissement des universités, dit-elle, et la priorité est de mieux les financer pour que le Québec conserve sa renommée parmi les meilleures universités à travers le monde.

Selon Raymond Bachand, cette hausse est une question d’équité pour les contribuables. Il fait valoir que les étudiants font un investissement en allant à l’université et pourront mieux gagner leur pain que les gens moins scolarisés.

La FÉUQ insiste sur le fait que la classe moyenne subira le contrecoup de cette hausse.

Radio-Canada l’a confirmé le 19 mars grâce à une enquête non scientifique menée par ses journalistes. En bref, 61,5 % des étudiants ne reçoit effectivement aucun prêt ni bourse. Un célibataire de 20 ans vivant en appartement et gagnant 6000 $ par année ne recevra point de bourse, mais 3265 $ en prêt étudiant pour l’année. Si ses parents ont un salaire combiné de 60 000 $ avant impôt, ils doivent faire une contribution de 5600 $ par année. Et s’il y a un autre enfant plus jeune, c’est rare que des parents de classe moyenne puissent faire tout ce qui est attendu d’eux. Cela peut donc signifier la fin des études, pour ces jeunes.

En 2015-2016, les frais de scolarité seront plus bas au Québec que ce qu’ils étaient dans le reste du Canada en 2010, fait valoir le ministre des Finances, qui mise sur l’appui de la population.

La question de départ n’est toujours pas élucidée : quel sera l’impact de cette hausse sur la fréquentation de l’université?

[ Marie Cicchini ]

redaction@lesactualites.ca





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