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L’Aragon Queen-Mary écrase 19 opposants
Article mis en ligne le jeudi 11 août 2011

 
Photo: Marie Cicchini

Christina Yotis, chef-propriétaire de la brochetterie Rodos, voulait savoir pourquoi son populaire restaurant devait être démoli.

Les opposants au projet l’Aragon Queen-Mary ont encaissé une dure défaite à la réunion du comité de démolition le 2 août dernier.

Il n’aura fallu qu’une heure au comité pour accorder le permis requis par Allprime Properties Inc, afin de démolir le pâté de commerces récemment occupés par des marchands de diverses communautés culturelles au 4963 à 5019, chemin Queen-Mary.

La présidente de la séance, Susan Clarke, a informé l’auditoire que le comité de démolition avait reçu 19 lettres de protestation.

Un membre du comité Snowdon pour la défense de la diversité culturelle sur le chemin Queen-Mary a demandé à la présidente pourquoi elle avait omis de mentionner qu’une pétition en ligne de plus de 1200 signatures avait déjà été remise aux autorités de l’arrondissement. Susan Clarke a répondu que la pétition serait considérée avec tous les autres documents du comité.

Au début de la séance, la responsable du dossier a présenté un diaporama du bâtiment jusqu’à 2009. Les photos démontraient la majorité des espaces commerciaux comme « vétustes, en très mauvais état ou prêts à s’effondrer ».

Les opposants de l’Aragon ont fait valoir que malgré cet état, les inspecteurs de la Ville n’ont jamais interdit la présence de commerces dans les bâtiments. Ils se posent des questions sur les raisons pour lesquelles ils n’ont changé d’avis qu’après l’expulsion de plusieurs marchands plusieurs mois avant la délivrance du permis de démolition.

De plus, l’intérieur des restaurants Rodos et Ermitage (toujours ouverts), où l’on avait effectué des rénovations et refait la décoration, était absent du diaporama. De plus, aucune diapositive remontant à l’année dernière ne montrait les terrasses achalandées et attrayantes des restaurants de ce bâtiment.

Devant un auditoire formé en grande partie de partisans de la démolition, cinq citoyens venus soutenir le projet de condominiums ont fait écho au diaporama et préconisé la revitalisation du chemin Queen-Mary comme le requérant. Allan Hitelman souhaite que l’Aragon soit « le catalyseur tant attendu de la relance du chemin Queen-Mary tant au niveau domiciliaire, commercial que du patrimoine et de l’héritage multiculturel du quartier tout en encourageant les autres acteurs du milieu à collaborer à la renaissance du chemin Queen-Mary ».

À titre de conseillère, Susan Clarke veut aborder cette question à la réunion du conseil d’arrondissement. « Plusieurs marchands et résidants ont parlé de l’importance de renouveler Queen-Mary. Ça ne fait pas partie des décisions ce soir, mais je m’engage à échanger avec beaucoup d’intérêt avec mes coconseillers et notre maire d’arrondissement concernant ce qu’on peut ajouter à la qualité urbaine de Queen-Mary. Les membres de mon comité sont d’accord à ce sujet-là », a-t-elle dit.

Le promoteur base sa demande sur le délabrement de la majorité des locaux à démolir, de la non-optimisation du site et du besoin du secteur pour des logements. Il affirme que le coût des travaux de restauration d’environ 1,8 million $ dépasse de loin la valeur du bâtiment évalué à près d’un million de dollars.

M. Hitelman affirme qu’il avait acheté la propriété avec l’intention de construire un bâtiment commercial de deux étages avec des bureaux. « Malheureusement, le plan directeur de la Ville demande quatre étages. Je dois faire des condominiums parce qu’il n’y a pas de demande pour des bureaux dans ce secteur. Même le restaurant Subway n’est pas le premier choix, mais il ne fait pas de cuisine, ne dégage pas d’odeurs et n’a pas de terrasse au rez-de-chaussée. Il ne dérangerait pas les résidents qui habitent en haut », dit-il.

D’une voix gracieuse, la chef-propriétaire de Rodos, Christina Yotis, a demandé au bord des larmes pourquoi son restaurant en affaires depuis 30 ans dans le quartier doit être démoli. N’ayant reçu aucune réponse, elle est sortie temporairement de la salle.

Allan Hitelman a cependant affirmé que certains baux depuis 1998 et 2005 concèdent cette situation et permettaient au propriétaire de démolir le bâtiment et de résilier les baux.

Le permis de démolition sera délivré le 1er septembre, à moins qu’il y ait appel dans les 30 jours de la décision du comité. Le dossier serait alors soumis au conseil, qui prendra la décision définitive.

[ Marie Cicchini ]

redaction@lesactualites.ca





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