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« Roy et Bernier ne pouvaient réagir autrement »
Le comportement de Mohamed Anas Bennis le matin du 1er décembre 2005 demeure inexplicable
Article mis en ligne le jeudi 6 juillet 2011

La coroner Catherine Ruder-Tessier conclut dans son rapport rendu public le 30 juin que les policiers ne pouvaient agir autrement. L’enquête n’a pu apporter de réponse à quatre questions sur les raisons de l’attaque de Mohamed Anas Bennis sur un policier, le 1er décembre 2005.

Mohamed Anas Bennis est un jeune marocain âgé de 25 ans inconnu des policiers qui sortait d’une mosquée située dans un appartement sur l’avenue Kent à Côte-des-Neiges lorsqu’il a reçu un projectile d’arme à feu fatal à l’issue d’une altercation avec le policier Yannick Bernier.

« Comment expliquer le comportement de M. Bennis le matin du 1er décembre 2005? Était-il en proie à un délire, à une paranoïa? Pourquoi avait-il un couteau sur lui alors qu’il revenait de la mosquée? Et pourquoi a-t-il ainsi agressé violemment un policier qu’il ne connaissait pas? », conclut
Me Catherine Rudel-Tessier.

Le texte qui suit est, quoiqu’abrégé, le contenu du communiqué du coroner « Dépôt du rapport d’enquête publique sur le décès de M. Mohamed Anas Bennis » publié le 30 juin dernier sur le site gouvernemental Portail Québec:

L’altercation

Les policiers Jonathan Roy et Yannick Bernier venaient de stationner leur voiture patrouille et allaient prendre la relève de leurs collègues affectés à la surveillance d’un appartement pendant une opération policière, une fois l’arrestation du suspect terminée.

D’après les témoignages et les images filmées par une caméra de surveillance installée sur un immeuble de Bell situé tout près, Mohamed Anas Bennis, inconnu des policiers et nullement concerné par cette affaire, marche sur le trottoir. Après avoir dépassé l’agent Roy qui marche dans la rue, il se jette violemment sur l’agent Bernier, criant « Dieu est grand ». Pendant l’altercation, les deux hommes se retrouvent au sol à quelques pieds l’un de l’autre. M. Bernier est blessé au cou et à la jambe droite. Il saigne. Les deux policiers sortent leur arme de service et ordonnent à M. Bennis de lâcher son couteau et de rester au sol. Celui-ci n’obtempère pas et s’apprête à se jeter de nouveau sur l’agent Bernier. Déjà blessé, M. Bernier tire alors un premier coup de feu, auquel
M. Bennis ne réagit pas. Il tire une seconde fois et M. Bennis s’effondre.

Les antécédents de Mohamed Anas Bennis

M. Bennis, un citoyen canadien, sortait de la mosquée qu’il fréquentait assidûment (cinq fois par jour) dans un appartement de l’avenue Kent vers 7 h 15. La coroner, ayant pris connaissances des quelques notes médicales obtenues, a conclu que M. Bennis était un jeune homme fragile, souffrant de problèmes d’anxiété et de dépression. Néanmoins, selon les déclarations faites par sa famille aux policiers, rien dans son attitude récente ne laissait présager et ne permet de comprendre son comportement ce matin-là.

L’emploi de la force par les policiers

Une politique en vigueur depuis 2001 au SPVM autorise un policier à recourir à la force pour se défendre si la communication et la négociation ne sont pas possibles. Par ailleurs, une procédure du SPVM datant de 2002 précise qu’un policier peut utiliser son arme de service en situation de danger, mais ne doit faire feu qu’en dernier recours s’il sent que sa vie ou celle d’une autre personne est en danger, en tenant compte de la présence possible de tierces personnes et du milieu environnant.

En vertu notamment de ces directives, Simon Lavoie, instructeur à l’École nationale de police du Québec et témoin expert à l’enquête publique de la coroner, confirme que les agents Roy et Bernier ne pouvaient réagir autrement que de la façon dont ils l’ont fait sans mettre leur vie encore plus en danger.

M. Lavoie explique que l’agression prend le policier par surprise et que le corps à corps qui s’engage ne permet pas à l’agent Bernier d’utiliser ses armes (le bâton téléscopique, le poivre de Cayenne ou son arme de service). Il avait du mal à se relever et ne pouvait compter sur des renforts puisque l’agression est trop imminente. Il ne lui reste que l’arme à feu, tous les autres moyens étant inutilisables ou non applicables.

[ Marie Cicchini ]





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