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Logement abordable
Montréal tente de rassembler ses partenaires
Article mis en ligne le jeudi 4 novembre 2010
 
Photo Marie Cicchini
La cafétéria communautaire Multicaf sert plus de 265 personnes itinérantes ou à risque de le devenir.

La Ville de Montréal a dévoilé le 13 octobre dernier un plan d’aide aux personnes vivant en situation d’itinérance ou à risque de le devenir, un plan qui reste cependant loin des objectifs des centres d’aide.

Elle demande à Québec une aide financière de 29,5 millions de dollars en interventions récurrentes et en logement, et à Ottawa la reconduction de la Stratégie de partenariat de lutte contre l’itinérance, de 21 millions, ainsi que les programmes fédéraux de remise en état de l’habitation et de logement abordable.

Selon Darren Baker du cabinet du maire Gérald Tremblay, la Ville maintient les demandes qu’elle a formulées lors de la consultation publique de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et l’adoption d’une véritable politique en itinérance.

L’organisatrice communautaire au Projet Genèse, Cathy Inouye, accueille favorablement ce plan, qui touche principalement les besoins en habitation et en sécurité publique. Reste à voir si la Ville convaincra le ministre des Finances, Raymond Bachand, qu’il faut construire 50 000 logements sociaux au Québec au cours des cinq prochaines années, et mieux contrôler les loyers pour combattre le problème à la source.

Même son de cloche du coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant. À quelques mois de l’échéance de la Stratégie de partenariat de lutte contre l’itinérance, le 1er avril, Ottawa ne s’est pas encore engagé à maintenir son aide financière aux organismes communautaires.

 

Plan d’action ciblé en 11 points

Développer de nouveaux logements sans but lucratif avec soutien communautaire pour les personnes sans-abri ou vulnérables

Sauvegarder des maisons de chambres pour les personnes sans-abri ou vulnérables

Améliorer la salubrité des maisons de chambres

Ouvrir un centre de répit et de dégrisement, assorti d’un système de référence téléphonique 24/7

Consolider un réseau de centres de jour pour faciliter l’accès des personnes en situation d’itinérance aux ressources appropriées

Développer une approche d’intervention adaptée à la communauté inuite en situation d’itinérance

Déployer un plan d’intervention dans les espaces publics de Ville-Marie

Consolider l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance (EMRII)

Améliorer les outils d’intervention des patrouilleurs du Service de police de la Ville de Montréal auprès des personnes en situation d’itinérance ou à risque

Mettre en place des mesures constituant des alternatives à l’incarcération des personnes en situation d’itinérance

Définir et déployer un projet de médiation urbaine

M. Saillant rappelle que les besoins sont « extrêmement grands à Côte-des-Neiges », où 80% des ménages paient plus de 50% de leur revenu pour se loger.

Selon l’organisateur de Multicaf, Bernard Besancenot, la cafétéria communautaire sert en moyenne 265 personnes par jour. Les gens qui dépensent 1,50 $ tous les midis ne pourraient peut-être plus payer leur loyer sans ce service. L’itinérance touche les femmes monoparentales qui passent de foyer en foyer, les gens qui partagent leur maison de chambre ou qui sont hébergés par leur famille en hiver.

Or, la plupart des services qui sont mis sur pied se retrouvent au centre-ville. Comment désengorger les centres d’aide qui ont obtenu le 25 octobre près de 5 millions de Québec, se demande-t-il.

Le 19 octobre dernier, le vote sur le projet de loi C-304 qui garantirait l’accès à des logements abordables a échoué à la Chambre des communes, au grand dam du FRAPRU. Le 28 octobre, Projet Genèse, le FRAPRU et des locataires ont de nouveau manifesté puisque le gros du financement vient d’Ottawa. Ils réclament 2 milliards par année, mais Jim Flaherty a confirmé qu’il donnera trois fois moins d’argent à partir du 1er avril.

Ces compressions donnent 413 logements sociaux pour toute la variété des besoins à la grandeur du Québec, alors qu’Ottawa se procure 65 avions militaires. Un seul avion suffirait à subventionner 3600 logements sociaux.

Michael Applebaum, à titre de responsable du logement et de l’habitation à la Ville de Montréal, affirme qu’il est question de construire grâce à ce partenariat 5000 logements sociaux au cours des quatre prochaines années. La Ville prévoit 750 logements pour les personnes à risque et 300 maisons de chambres pour les itinérants.

Dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, tout projet de moins de 200 logements doit inclure 15% de logement sociaux ou fournir une aide financière en raison des besoins criants du district. À Montréal, tout projet de 200 unités doit fournir 15% de logements sociaux.

[Marie Cicchini]






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