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Un résident conteste une mosquée dans le voisinage
Article mis en ligne le jeudi 23 septembre 2010
 
Photo Marie Cicchini
Le 3600, ave. Van Horne, voisine maintenant avec une mosquée située dans l’espace commercial anciennement occupé par un club vidéo.

Un résident du 3600, avenue Van Horne s’est présenté à la dernière séance du conseil d’arrondissement le 7 septembre dernier afin de faire part de ses réserves sur l’ouverture d’un centre socioculturel aux fins de lieu de culte.

La mosquée s’est installée il y a quelques mois au rez-de-chaussée du bâtiment résidentiel, qui abrite des espaces commerciaux ayant pignon sur rue et des condominiums aux trois étages supérieurs.
Le résident se plaint entre autres de problèmes de fumée venant des espaces commerciaux à l’étage inférieur, de la malpropreté des poubelles, du trop-plein d’activités, ainsi que d’un incident ces dernières semaines où une voiture neuve a complètement brûlé devant l’immeuble. « On ne se sent pas en sécurité », a-t-il dit en brandissant des photographies de tous ces événements sans relation avec la plainte actuelle.

Sa plainte vise en particulier le nouveau centre socioculturel. Il s’est rendu compte que c’était un lieu de culte à cause de l’enseigne, du bruit et du va-et-vient. « De cinq heures à minuit, il y a plein de gens qui entrent, qui sortent, et chaque fois qu’on rentre chez nous, dans le lobby on entend juste des sons qui ne font pas plaisir. Ça nous réveille », dit-il. Malgré ses nombreux appels aux autorités, la paix telle qu’il la souhaite à l’intérieur et autour du bâtiment risque d’être maintes fois troublée dans cette zone commerciale de transit.

Le maire Michael Applebaum a répondu que le permis du centre a été accordé de bonne foi aux responsables du centre socioculturel, et que ces derniers sont tenus de l’être également en faisant un usage des lieux conforme à leur permis d’exploitation. Afin de s’en assurer, le maire a organisé pour le lendemain une rencontre entre le plaignant et l’attaché politique du maire, le responsable de l’urbanisme et les services de police afin d’écouter les doléances du citoyen et apporter des correctifs à la situation le cas échéant tout en respectant les droits des détenteurs du permis du centre socioculturel.

« Où sont mes droits? Les autres ont le droit de faire n’importe quoi, et pas moi? », a protesté le propriétaire avant de céder bon gré, mal gré, le micro au prochain citoyen inscrit à la période de questions.

Les Actualités se sont entretenues très longuement avec le plaignant, qui a contacté le journal le lendemain matin après la rencontre ordonnée par le maire. « C’est ça le bruit que j’entends de chez moi », fait-il en visionnant un vidéoclip sur son cellulaire. C’est la ville, les autos, les cris, les engueulades! Les gens restent sur place quand ils sortent de la mosquée et ils parlent, ils continuent leurs histoires. Des gens restent assis là, sur la terrasse du restaurant », dit-il.

Les cinq prières de la mosquée débutent à cinq heures du matin et la dernière se termine d’habitude avant 23 heures. Le plaignant entend les voix des gens dans la mosquée à cause de l’insonorisation insuffisante du bâtiment construit dans les années 50. « Ils sont là pour n’importe quel événement. Les enfants aussi sont impliqués », dit-il en visionnant les vidéoclips qu’il a enregistrés avec son cellulaire.

Mustafa Abu Shaaban, le responsable depuis l’ouverture du centre, affirme que le rituel consiste principalement en cinq séances de prières quotidiennes. L’appel à la prière dure une minute et les prières sont silencieuses. Le mois du Ramadan, qui s’est terminé récemment, amplifie le comportement pieux des fidèles, concède-t-il, et d’autres viennent de loin le vendredi pour prendre un repas à la mosquée au coucher du soleil en plus de participer aux prières.

Selon Gilles Berger, attaché politique du maire d’arrondissement, la mosquée est permise dans le centre socioculturel. Les éléments de plaintes soulevés par ce citoyen depuis quelques années ne relèvent pas nécessairement de la municipalité, mais de la police ou de la Régie du logement. Il s’agit, selon lui, « de problèmes civils qui relèvent du droit civil ».

Rappelons que ce bâtiment, qui abrite 39 condominiums, avait fait l’objet d’un article publié dans nos pages en avril 2009. Il était question d’un projet de copropriété subventionné par la Ville qui s’est retrouvé au bord de la faillite à cause d’une loi qui protège mal les copropriétaires, et parmi lesquels se retrouve ce résident qui en a profité pour montrer des problèmes de non conformité du bâtiment toujours non résolus.

[Marie Cicchini]






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