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Université de Montréal
Un grand moment de son histoire
Article mis en ligne le jeudi 23 septembre 2010
 
Photo Marie Cicchini
Le nouveau recteur de l’Université de Montréal, le docteur Guy Breton, est entré en fonction le 1er juin dernier.

« L’Université de Montréal entre dans une période de son histoire immobilière qui n’est pas sans rappeler l’aménagement de son campus sur le flanc nord du mont Royal il y a un peu plus de 60 ans ».

Cette phrase tirée du « Plan directeur des espaces 2010 » de l’Université de Montréal a donné lieu récemment à une rencontre entre la direction de l’Université et les journaux locaux.

Le docteur Guy Breton est entré en fonction le 1er juin dernier. Il était auparavant vice-recteur exécutif, vice-doyen exécutif de la faculté de médecine, et directeur de département. Il a pratiqué la médecine jusqu’au mois de juin.

Il arrive avec une nouvelle équipe et des portefeuilles distribués différemment. Le vice-rectorat aux affaires étudiantes et au développement durable regroupe un guichet unique. Le vice-rectorat aux ressources humaines et à la planification gère quant à lui les 10 000 employés de l’Université.

M. Breton a parlé longuement de la situation préoccupante de l’Université. Pour conserver son statut sur la scène universitaire internationale, l’Université doit pouvoir offrir à ses étudiants et à ses professeurs des lieux adéquats, par sa superficie comme par la qualité des infrastructures. L’espace est un enjeu d’importance.

Un étudiant sur six n’a pas de place pour s’asseoir et d’autres ne peuvent pas entrer, mentionne le plan directeur. Il faudrait un autre bâtiment de la taille du pavillon principal Roger-Gaudry pour remédier au manque d’espace. L’Université est en plein essor et accueille 32% de plus d’étudiants inscrits qu’en 1998, ce qui a amené 200 professeurs et 146 chargés de cours. Les revenus de recherche ont plus que doublé et le volume des activités scientifiques s’est accru durant la même période. 7 700 des 60 000 étudiants viennent d’ailleurs faire des maîtrises et des doctorats.

Le déficit d’espace limite présentement la quantité d’étudiants admis et la recherche alors que le gouvernement prévoit des hausses d’effectifs d’étudiants jusqu’en 2015. Les étudiants les professeurs en paient les frais actuellement. Par exemple, les étudiants font leur thèse ou étudient chez eux, dans un environnement non propice à leur encadrement optimal. Comme les standards et équipements ont évolué, davantage d’espace permettrait de les intégrer pour suivre de nouvelles pistes de recherche et bien exploiter le potentiel de développement scientifique, a expliqué M. Breton.

L’Université de Montréal, qui a 132 ans, figure parmi les meilleures universités du monde selon le classement du Times Higher Education. C’est le plus grand pôle universitaire en Amérique avec ses écoles affiliées HEC et le Collège Polytechnique. C’est la plus grande université au Québec en termes d’étudiants, de budget et de recherche, et la plus grande université francophone en Amérique du Nord. C’est la seule au Canada à offrir toutes les disciplines.

Mais pour bien gérer et répondre aux exigences du 21e siècle avec autant d’étudiants et de programmes, il faut à la fois des mises à niveau et la construction de nouveaux immeubles. Le campus emblématique sur le flanc nord du mont Royal est trop exigu.

Faute de financement, l’Université a souvent reporté les travaux nécessaires à l’entretien de ses bâtiments. Le parc immobilier est vétuste et le simple branchement à Internet est parfois un véritable défi technique et architectural. « Il y a 60 ans, l’architecte Ernest Cormier ne savait pas qu’il y aurait 300 hottes pour évacuer les produits chimiques », a dit M. Breton.

Un nouveau quartier universitaire

Comme l’Université de Montréal souscrit à l’arrondissement du Mont-Royal depuis 2005, la priorité est de préserver la montagne et le patrimoine bâti et de construire un nouveau pôle à proximité du campus principal afin de répondre d’abord aux besoins des chercheurs et des étudiants des départements de sciences.
Un second campus sur l’ancienne gare de triage d’Outremont regroupera les sciences tout en dégageant des superficies qui pourront être réaménagées dans les anciens bâtiments.

« C’est une université intégrée dans le tissu urbain et on est très soucieux que ça fonctionne bien avec nos voisins. On se voit comme un citoyen corporatif responsable qui veut rendre disponible ses espaces et interagir avec ses voisins », a souligné le recteur.

Un projet de revitalisation de 120 millions $ échelonné sur quelques années a été annoncé il y a un an. La première étape consistera à décontaminer et préparer le terrain désaffecté, ce qui prendrait 12 à 18 mois. Les travaux n’ont pas encore commencé.

Le SGPUM appuie Guy Breton

Le président du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), Jean Portugais, affirme que le nouveau syndicat en place depuis avril dernier ne fera pas objection au développement du pavillon des sciences, bien que l’acquisition du terrain d’Outremont ait été fortement contestée.

Le syndicat délaisse les anciennes querelles qui ont duré cinq ans. Il affirme que le syndicat représente les intérêts des professeurs et doit tenir compte du fait que le pavillon des sciences est une vraie nécessité. « La démonstration a été faite que les locaux sont vétustes, et les coûts pour le développement d’un bâtiment sont inférieurs à ceux qui sont requis pour la mise à niveau des anciens locaux », a-t-il confié aux Actualités.

Il a précisé qu’il est tout à fait approprié que l’Université de Montréal se dote d’infrastructures pour faire de la recherche correctement dans la mesure où ces fonds ne viennent pas gruger les fonds prévus pour des activités académiques ou scientifiques.

« Peut-on être assuré que les immobilisations soient entièrement autonomes au fonds de fonctionnement? Il semble que c’est le cas. Dans cette mesure, les professeurs ne feront pas obstruction au développement », a-t-il conclu.

[Marie Cicchini]






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