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Une « tranche de vie » du locataire Arnim Hector
Article mis en ligne le jeudi 23 septembre 2010
 
Photo Marie Cicchini
Arnim Hector, locataire de 68 ans et retraité, dénonce l’absence de scrupule de trop de propriétaires de logements locatifs.

L’Organisation d’éducation et d’information logement de Côte-des-Neiges (OEIL) a tenu du 12 au 14 septembre dernier une activité qui montre les conditions de vie et de logement de nombreux locataires de Côte-des-Neiges.

À travers le regard du photographe Maxime Juneau, l’exposition « Tranches de vie à Côte-des-Neiges » est à la fois une dénonciation des mauvaises conditions de logement et une célébration de la richesse de ce quartier fortement multiethnique. À ces photos s’ajoute la collection de l’OEILCDN.

«On voulait raconter l’histoire des locataires qui vivent dans la pauvreté dans des logements en mauvais état parce qu’on a encore beaucoup de préjugés à leur égard », explique la coordonnatrice adjointe de l’OEIL, Denise Belec.

L’exposition de photos destinée au grand public ne se veut pas un musée des horreurs. Au-delà des problèmes de pauvreté et de logement des immigrants et des citoyens Canadiens, elle montre également au grand public le dynamisme, la créativité et la solidarité qui caractérise beaucoup des locataires de ce quartier.

Dans la grande salle du 6767, chemin de la Côte-des-Neiges, de nombreux panneaux avec photos de grande qualité, accompagnées de textes explicatifs, sont autant de capsules qui dévoilent tout à coup la dure réalité de gens de tout âge et de tout horizon dans l’espace privé de leur domicile, ainsi que leur lutte quotidienne pour composer avec toutes sortes de difficultés et maintenir ou améliorer leur qualité de vie.

La situation du logement dans le quartier est critique. 80,7% des logements sont occupés par des ménages locataires. Si les revenus des ménages sont plus faibles que dans l’ensemble de Montréal, les loyers sont pour leur part plus élevés (678 $ comparativement à 647 $). 43,2% des locataires consacrent plus de 30% de leur revenu pour se loger dans des conditions souvent déplorables et inacceptables. 56% des logements auraient besoin de réparations comparativement à 39,4% pour Montréal.

L’OEIL a beaucoup travaillé avec la Santé publique dans les immeubles ces derniers temps. « Les logements problématiques sont toujours là », explique Denise Belec. De plus, les coquerelles, les souris et les punaises de lit sont des problèmes réels dont ne tient pas compte l’état du logement dans le Recensement de Statistique Canada 2006.

Dans le secteur, rares sont les gens qui peuvent se payer un condominium ou un « logement abordable », un terme qui est d’ailleurs à contresens, selon elle, pour les travailleurs au salaire minimum ou les assistés sociaux.

Même les appartements qui se louent comme des logements sociaux finissent par coûter davantage en raison du coût élevé des loyers du quartier.

L’expérience amère d’Arnim Hector

Les Actualités ont rencontré par hasard Arnim Hector lorsqu’il est passé voir sa photo à l’exposition. Il vit au 4150, avenue Plamondon depuis 16 ans, dans un immeuble locatif qui a changé de propriétaires trois fois. À cause de ses expériences vécues en appartement, il a gardé un goût amer de ses locateurs.

Le retraité de 68 ans a travaillé toute sa vie et vit avec sa femme dans un logement de plus de cinq pièces avec garage double. Le premier propriétaire l’a laissé sans eau chaude pendant trois mois quand son chauffe-eau a rendu l’âme. « Le tribunal qui a entendu notre cause a été très injuste avec moi. On ne m’a offert que 300 $ de compensation. Mon avocat m’a dit que la mentalité est totalement capitaliste, et que très rares sont les locataires qui obtiennent gain de cause dans ce système», relate-t-il.

Maintenant, M. Hector lutte contre un nouveau propriétaire qui a converti en juin dernier son chauffage au gaz en chauffage électrique. Il affirme que la facture de chauffage gonfle d’une dizaine de dollars par mois, et le nouveau propriétaire n’entend pas le compenser comme prévu par une réduction adéquate du loyer, en plus de réviser unilatéralement le bail et de laisser murs et plafonds abimés par les travaux.

M. Hector, qui a reçu l’appui de l’OEIL dans toutes ces épreuves, se dit « exploité » sans comprendre pourquoi ces choses arrivent, puisqu’il a coutume « avec l’aide de Dieu », de toujours payer son loyer à temps et de rester en bons termes avec tous ceux avec qui il fait affaire, a-t-il confié.

[Marie Cicchini]






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