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L’art de rue en toute légalité
Article mis en ligne le jeudi 9 septembre 2010
 
Photo Archives Les Actualités
Le code d’honneur des auteurs de graffitis les empêche de toucher aux murales commandées par les propriétaires.

L’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a adopté cet été un processus d’application du règlement sur la propreté pour faire payer les auteurs de graffitis ou leurs parents dans le cas de mineurs. Tout graffiti n’est cependant pas illégal.

Le commandant du poste de quartier 11, Daniel Leduc, rappelle qu’il existe une différence entre le graffiti qui constitue un méfait et celui qui est considéré comme de l’art de rue. « Nous enquêtons sur les
dessins et les lettrages qui sont faits sur des biens publics ou privés : bancs de parc, cabines de téléphone, panneaux, clôtures ou murs de maison. Tout dessin ou lettrage fait sans l’autorisation du propriétaire est illégal. C’est parfaitement légal quand c’est autorisé. »

Les jeunes qui écrivent sur des biens publics ou privés sans autorisation s’exposent à la fois à une accusation de méfait et au paiement de dommages, par exemple le paiement de la facture de nettoyage, qui peut être réclamée par une personne privée ou encore par l’arrondissement. Pour le commandant Leduc, les graffitis coûtent cher, d’autant plus que le mobilier urbain est souvent visé au premier chef. « On dirait que c’est à qui est le premier à écrire sur les nouveaux aménagements. » Cela explique ce qu’il appelle la stratégie du « barbouilleur-payeur ».

Abondant dans le même sens, Terri Ste. Marie, la directrice de Prévention NDG, qui gère trois programmes dont l’objectif est de canaliser l’expression des jeunes, ajoute que ceux-ci se parlent entre eux. « Ils vont se dire que Notre-Dame-de-Grâce n’est pas le meilleur endroit où faire des graffitis en ce moment. C’est une bonne chose parce que l’arrondissement dépense
beaucoup d’argent pour le nettoyage de graffitis. J’aimerais voir cet argent aller ailleurs », affirme-t-elle.

Puisqu’il faut l’accord des propriétaires pour que le graffiti soit légal, les intervenants souhaitent que des espaces soient réservés aux jeunes pour qu’ils s’adonnent à un art qui, pour certains, peut devenir un métier. « Il y a toute une structure à développer. Les jeunes pourraient avoir accès à des endroits pour dessiner de façon légale, par exemple avec des panneaux qu’on change régulièrement », imagine le commandant du poste de quartier 11.

Daniel Leduc note que le code d’honneur des auteurs de graffitis les empêche de toucher aux murales commandées par les propriétaires. Terri Ste. Marie explique que son organisme emploie un muraliste professionnel, qui encadre le travail des jeunes. « Il leur explique comment rester dans la légalité lorsqu’ils font
des graffitis. Cela fonctionne parce qu’il est très respecté dans la communauté. »

Puisque ces murales sont rares parce que leur coût est très élevé, Prévention NDG met à la disposition des artistes de rue un mur fait expressément pour les graffitis, au coin du boulevard Maisonneuve et de la rue Orchard. Nettoyé deux fois par été, ce mur permet de s’exercer en toute légalité. « Il pourrait y avoir plus de murs, mais il faut qu’il y ait de l’animation », selon Terri Ste. Marie.

[Nicholas Teasdale-Boivin]






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