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Francisation des immigrants
Les organismes s’insurgent contre les « coupures »
Article mis en ligne le jeudi 27 mai 2010

Le Regroupement des organismes en Francisation du Québec (ROFQ) demande l’arrêt immédiat de l’ « abolition injustifiée » des cours de francisation destinés aux nouveaux arrivants.

Ces coupures sont incohérentes selon eux. Le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles (MICC) coupe des cours au sein d’organismes qui œuvrent à l’intégration sociolinguistique et professionnelle des immigrants alors même qu’il faut défendre le fait français et favoriser la francisation de tous ceux qui ont choisi le Québec comme milieu de vie, mentionne le ROFQ dans un communiqué.

Le ROFQ compte dans les prochains jours lancer une mobilisation importante et citoyenne auprès de l’ensemble des acteurs sociaux qui ont à cœur la défense du fait français au Québec.

Le ROFQ, qui compte environ 45 organismes dans tout le Québec, a écrit à la ministre du MICC, Yolande James, pour lui demander de cesser les mesures d’abolition. « Si nous n’avons pas de réponse, nous annoncerons notre stratégie. Il y aura une manifestation », a affirmé Liza Novak, du Centre communautaire Mountain Sights (CCMS).

Abolition des cours à temps plein
Mme Novak affirme que les coupures ont commencé par les cours à temps plein et bon nombre d’organismes communautaires, tel que Promis, n’ont été prévenus que quelques semaines à l’avance. Le CCMS offre deux cours à temps partiel. « Même si ces coupures ne nous touchent pas encore, on pourrait éventuellement perdre nos cours à temps partiel », a affirmé Mme Novak.

Même son de cloche du Centre communautaire de loisirs de la Côte-des-Neiges (CCLCDN). « Le MICC a reçu une augmentation de 5 % pour ses programmes de francisation, mais ces fonds vont tout droit à la formation en ligne », a-t-elle renchéri.

Mme Novak estime de plus qu’il y a incohérence. « Le MICC coupe les cours et exige en même temps que les organismes investissent pour l’achat de matériel et d’équipement ».

Glissement vers l’institutionnalisation
Le ROFQ dénonce de ce fait un « glissement » vers l’institutionnalisation, c’est-à-dire que les programmes de francisation seraient en gros rapatriés par les établissements relevant du ministère de l’Éducation.

La situation est d’autant plus intenable, soutient Mme Novak, que « le Centre Pauline-Julien a actuellement une liste d’attente en francisation de 800 personnes. On réduit dans le communautaire alors qu’il y a des besoins énormes ».

Les Actualités ont contacté le Centre Pauline-Julien afin de vérifier ces affirmations, mais n’ont reçu aucune réponse au moment d’aller sous presse.

À la Commission scolaire de Montréal, le porte-parole, Alain Perron, rappelle que la CSM fonctionne sur la base d’ententes annuelles avec le MICC. « Le MICC ne nous réfère pas plus de gens, et nous n’allons pas chercher de clientèle puisqu’on doit répondre à des critères très différents du ministère de l’Éducation. Le MICC coupe les subventions en ce moment. Les cours virtuels s’adressent à des gens à l’extérieur du pays qui s’apprêtent à immigrer au Canada et qui veulent parfaire leur français », a-t-il dit.

Le MICC restructure ses propres cours
La relationniste du MICC, Geneviève Hinse, a pour sa part expliqué que les cours de francisation restructurés pour cette année budgétaire touchent strictement les 30 cours de francisation de quatrième année à temps plein. Après 1000 heures, les étudiants peuvent poursuivre le cours à temps partiel en ligne, puisqu’à ce niveau, ils ont acquis un bon niveau de français.

L’année dernière, le Centre communautaire Mountain Sights n’a pas donné de cours d’été à temps partiel, faute d’inscriptions, rappelle Mme Hinse. Le MICC travaille en partenariat avec les organismes socio-communautaires, en vertu duquel les organismes partenaires doivent présenter au moins 20 inscriptions pour justifier un professeur et un local fournis par le ministère.

Le ministère de l’Éducation ne rapatrie nullement les cours, précise-t-elle. Dans 90 % des cas, ce sont les institutions scolaires qui absorbent les abolitions de cours à temps plein. En tout, 10 % des organismes socio-commuautaires sont touchés. Le partenariat continue sur une base de donnant-donnant dans le cadre de l’entente en vigueur », a-t-elle confirmé.

« Les budgets à la francisation augmentent depuis des années. On a investi surtout dans la francisation en ligne pour les étudiants étrangers qui veulent venir s’installer au pays », a-t-elle conclu.

[Marie Cicchini ]





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